Encyclopédie des technologies pour l'agroécologie

Cultivateur - PUZENAT - L'Universel

Le cultivateur « L'Universel » est un cultivateur attelé à dents flexibles construit par Puzenat à Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire). Il reprend le bâti, les roues et les appareils de relevage de l'extirpateur « Universel », dont les lames rigides sont remplacées par des dents à ressort à socs reversibles. Créé en 1912, il figure aux deux catalogues généraux consultés (Puzenat, 1912 ; Puzenat, 1921).

Le constructeur le présente comme « le plus énergique des instruments de ce genre » et met en avant ses « roues et dents hautes », gage à ses yeux d'un « travail supérieur sans bourrage » (Puzenat, 1912) — arguments commerciaux, cités comme tels. Toutes les données de la présente fiche sont des données de catalogue, annoncées par le constructeur et non vérifiées sur des exemplaires conservés.

Description

Gravure : cultivateur à dents flexibles vu de trois quarts, deux roues d'acier à rais de grand diamètre encadrant un bâti bas garni de neuf dents courbes à ressort terminées par des socs ; trois leviers dressés au-dessus du bâti, dont deux commandent les roues arrière ; une plaque porte la marque Émile Puzenat et Fils
Le cultivateur « Universel » à dents plates, figure 24 du catalogue général de 1921-1922 ; gravure signée V. Dutertre.
Source : C. Puzenat, Extrait du catalogue général 1921-1922, numérisation diffusée par le site tracteurs-someca.fr — domaine public

Les dents sont des lames d'acier recourbées, montées deux à deux sur une attache en fonte malléable clavetée sur les traverses du bâti et reliées par un anneau ; un petit ressort complète la grande dent. Elles existent en deux formes : plate, de section constante, et étranglée, amincie en un point pour lui donner plus de souplesse (figure 34 du catalogue de 1912). Chaque dent porte un soc reversible que l'on retourne quand un bord est usé ; un soc triangulaire peut s'y substituer.

Comme sur l'extirpateur, les attaches sont clavetées et non boulonnées : elles se déplacent le long des traverses, se remplacent ou se multiplient sans travail de forge. Les traverses existent en 45 mm et 55 mm de large et toute commande de dent complète doit préciser laquelle. La masse à vide va de 129 à 253 kg selon la largeur et le mode de relevage ; l'effort de traction, le diamètre des roues et la voie ne sont publiés dans aucun des deux catalogues.

Relevage

Le cultivateur reçoit les trois modes de relevage brevetés S. G. D. G. de l'extirpateur « Universel » : un levier unique, deux leviers dont un levier d'inclinaison qui n'agit que sur une roue, ou trois leviers dont chacun ne porte qu'un tiers de l'instrument. Les catalogues renvoient sur ce point à la section de l'extirpateur.

La répartition diffère toutefois de celle de l'extirpateur. En 1912, le levier unique et le levier d'inclinaison couvrent les largeurs de 0,70 à 1,30 m, et le montage à trois leviers n'apparaît qu'à partir de 1,30 m ; en 1921, le levier unique et le levier d'inclinaison s'arrêtent à 1,40 m et les trois leviers commencent à 1 m. Au-delà, seul le montage à trois leviers est proposé.

Cultivateur-vigneron

Gravure : cultivateur à dents flexibles vu de trois quarts, monté sur un avant-train dont les roues suivent la trace des dents d'extrémité, sans déborder de la largeur de travail
Le cultivateur-vigneron « L'Universel », figure 36 du catalogue général de 1912-1913 (figure 25 en 1921-1922) : les roues ne débordent pas de la largeur travaillée.
Source : Cnum — Conservatoire numérique des Arts et Métiers, cote CNAM-BIB B 15177 — domaine public ; réutilisation non commerciale libre avec mention de la source

Le cultivateur-vigneron « Universel » (figure 36 en 1912, figure 25 en 1921) ne diffère que par la voie : les roues suivent les traces des dents extérieures et ne débordent pas sur la largeur du travail, ce qui permet d'approcher les ceps sans les endommager. Le catalogue le donne utilisable dans les vignes à partir de 1,20 m d'écartement des rangs et le recommande aussi en culture ordinaire dans les terres plantées d'arbres.

Il se fait à un seul levier sur toutes les largeurs en 1912, jusqu'à 1 m seulement en 1921 ; le montage à trois leviers est offert à partir de 1,10 m en 1912 et de 1,20 m en 1921. Les poids sont ceux du modèle de culture. Les mancherons se commandent en supplément dans les deux millésimes.

Dimensions

Chaque cellule donne la masse approximative de l'instrument. Trois variantes sont proposées : les dents étranglées en place des dents plates, deux dents supplémentaires qui ajoutent 8 kg, et des roues hautes à l'arrière, qui en ajoutent autant (Puzenat, 1912).

Dimensions et masses, catalogue 1912-1913 (dents plates)
N°DentsLargeur de travailAvec 1 levierAvec levier d'inclinaisonAvec 3 leviers
C. 250,70 m129 kg132 kg—
C. 450,80 m134 kg137 kg—
C. 750,90 m136 kg139 kg—
C. 1051 m138 kg141 kg—
C. 1371,10 m148 kg151 kg—
C. 1671,20 m158 kg161 kg—
C. 1971,30 m160 kg163 kg185 kg
C. 2291,40 m——195 kg
C. 23111,50 m——206 kg
C. 24131,70 m——243 kg
C. 25151,80 m——253 kg

En 1921-1922, la série est réduite à six numéros et les largeurs progressent de 20 cm en 20 cm de 0,80 à 1,80 m. Le catalogue publie pour la première fois la force d'attelage. Sont proposés en supplément : les dents étranglées, deux dents supplémentaires qui ajoutent 8 kg, un sabot avec chaîne pour la descente des côtes, un frein à patins sur les roues arrière et un siège. Sauf avis contraire, les cultivateurs sont livrés avec dents plates, et chaque commande doit indiquer le numéro, le nombre de leviers et le nombre de dents (Puzenat, 1921).

Dimensions, catalogue 1921-1922
Largeur de travailN°ForceDents
0,80 mC. 41 petit cheval5
1 mC. 101 cheval5
1,20 mC. 162 chevaux7
1,40 mC. 222 forts chevaux9
1,60 mC. 263 chevaux11
1,80 mC. 314 chevaux13
Masses selon le nombre de leviers, catalogue 1921-1922 (dents plates)
N°Avec 1 levierAvec levier d'inclinaisonAvec 3 leviers
C. 4135 kg——
C. 10141 kg143 kg167 kg
C. 16158 kg160 kg184 kg
C. 22180 kg182 kg197 kg
C. 26——236 kg
C. 31——248 kg

La colonne du nombre de dents est intitulée « nombre de lames » au catalogue de 1921, l'en-tête du tableau de l'extirpateur ayant été conservé.

Dents et socs

Gravure : deux dents à ressort côte à côte, montées sur leur attache de traverse — celle de gauche à section constante, celle de droite amincie en un point de sa courbure
Les deux dents du cultivateur, plate et étranglée, figure 34 du catalogue général de 1912-1913.
Source : Cnum — Conservatoire numérique des Arts et Métiers, cote CNAM-BIB B 15177 — domaine public ; réutilisation non commerciale libre avec mention de la source
Planche gravée des pièces de dent : bride d'attache en acier doux, dent à ressort plate, dent étranglée, soc reversible, petit ressort de grande dent, boulons de soc et soc triangulaire, chacun portant son numéro
La planche des pièces de dent, figure 37 du catalogue général de 1912-1913 : chaque pièce y porte le numéro de la nomenclature.
Source : Cnum — Conservatoire numérique des Arts et Métiers, cote CNAM-BIB B 15177 — domaine public ; réutilisation non commerciale libre avec mention de la source

Le détail des dents fait l'objet d'une nomenclature propre, avec sa planche (figure 37 du catalogue de 1912). Les commandes de dents complètes devaient indiquer si les traverses de l'instrument avaient 45 ou 55 mm de large. Le catalogue de 1921 ne reprend que la dent complète, plate ou étranglée, d'une masse de 4 kg.

Dents et socs du cultivateur « L'Universel », catalogue 1912-1913
N°Désignation
21Bride en acier doux des attaches CU1 et CU2
22Dent à ressort seule, plate
22Dent à ressort seule, étranglée
23Soc reversible
24Boulons de soc, l'un
25Petit ressort de la grande dent
26Dent complète plate
26Dent complète étranglée
27Soc triangulaire s'adaptant à la place du soc reversible
CU1Attache en fonte malléable de la dent, pour traverses de 45 mm
CU2Attache en fonte malléable de la dent, pour traverses de 55 mm
CU3Anneau qui relie les deux ressorts

Les autres pièces de rechange sont communes aux extirpateurs, scarificateurs et cultivateurs « L'Universel » : leur nomenclature complète, publiée avec la planche de la figure 33 du catalogue de 1912, est reproduite dans l'article consacré à l'extirpateur.

Histoire technique

Le cultivateur « L'Universel » est annoncé comme une création de 1912 : il vient compléter la gamme des extirpateurs en substituant la dent flexible à la lame rigide sur un châssis déjà éprouvé. La même année, la maison lance sur un principe voisin le cultivateur « Grip », tout acier et sur avant-train, dont les numéros et la gamme sont indépendants.

Neuf ans plus tard, l'instrument est toujours au catalogue, sous la marque « C. Puzenat » adoptée après la mort du fondateur : mêmes dents, même gravure, mais série ramenée de onze numéros à six, largeurs échelonnées tous les 20 cm et montage à trois leviers offert dès 1 m. Les catalogues consultés ne permettent pas de dater la fin de sa production.

Limites

Tout ce qui précède provient de la documentation du constructeur, qui prévient elle-même que « les débits, poids et dimensions ne sont donnés qu'approximativement » et que les gravures ne sont pas toujours la reproduction exacte des machines construites (Puzenat, 1921).

Aucune source indépendante décrivant un cultivateur « L'Universel » conservé ou en service n'a été identifiée. La profondeur de travail, l'effort de traction, le diamètre des roues et la voie restent non publiés ; le catalogue de 1912 ne donne pas non plus la force d'attelage, que seul celui de 1921 indique.

Voir aussi

Sources

  1. Émile Puzenat & Fils, Catalogue général de la manufacture centrale de machines et instruments agricoles. Usines Saint-Denis. Bourbon-Lancy (Saône-&-Loire). N° 19, Nancy, Berger-Levrault, [1912], p. 26, cote CNAM-BIB B 15177, numérisé par le Cnum. Consulté le 18 août 2026.
  2. C. Puzenat, Extrait du catalogue général 1921-1922, N° 21, Bourbon-Lancy, [1921], p. 19, numérisation (2014) diffusée par le site tracteurs-someca.fr, http://www.tracteurs-someca.fr/ (site servi en HTTP seulement, non lié ici). Consultée le 18 août 2026.

Liens externes