Un couvert végétal est une culture implantée entre deux cultures principales, sans objectif de récolte. Sa fonction est d'occuper le sol pendant l'interculture — période pendant laquelle un sol nu se dégrade, se tasse sous l'effet des pluies et laisse partir ses nitrates.
La logique est moins celle d'un intrant que celle d'une continuité : maintenir en permanence une couverture et un système racinaire vivants, dont dépend l'essentiel de l'activité biologique du sol. L'agroforesterie poursuit le même objectif à un autre étage de végétation, et sur un tout autre pas de temps.
Fonctions en interculture
Un couvert remplit plusieurs fonctions simultanées, dont l'importance relative dépend de l'objectif recherché :
- piéger l'azote — les nitrates restants après récolte sont absorbés par le couvert plutôt que lessivés vers la nappe, puis restitués à sa destruction ;
- protéger la surface — l'interception des gouttes de pluie limite la battance et l'érosion ;
- concurrencer les adventices — un couvert dense et rapidement couvrant réduit leur levée ;
- alimenter le sol en carbone — parties aériennes et racines nourrissent la faune et la microflore.
Lire le sol : le profil
L'observation d'un profil de sol reste le diagnostic de référence. La succession des horizons, leur couleur, la présence de racines et de galeries renseignent sur le fonctionnement réel de la parcelle — bien davantage qu'une analyse de terre seule.
Un horizon de surface sombre et grumeleux traduit une activité biologique soutenue. Une semelle compactée, au contraire, se repère à des racines coudées et à une porosité fermée.
La profondeur exploitable varie fortement selon le contexte pédologique. Sur substrat calcaire peu épais, la roche mère affleure et la réserve utile est faible : la stratégie de couvert doit alors viser d'abord la protection de surface, non la production de biomasse.
La faune du sol
Les lombriciens constituent l'ingénieur le plus visible de cet ensemble. Leurs galeries assurent une part importante de l'infiltration de l'eau et des échanges gazeux ; leurs déjections concentrent des éléments sous forme assimilable et participent à la stabilité structurale des agrégats.
Leur population dépend directement de deux facteurs : la disponibilité en matière organique fraîche et l'intensité du travail du sol. Un couvert restitué en surface fournit la première ; sa réduction préserve les galeries permanentes des espèces anéciques.
Conduite pratique
Implantation
La date de semis est le premier facteur de réussite : chaque jour gagné après la récolte précédente se traduit en biomasse. Les mélanges d'espèces — associant une légumineuse à une graminée ou une crucifère — sécurisent le résultat face aux aléas climatiques et diversifient les restitutions. Les espèces à floraison rapide y ajoutent une ressource pour les pollinisateurs, à une période où les cultures n'en offrent plus.
Destruction
La destruction conditionne la disponibilité de l'azote pour la culture suivante. Trop précoce, elle libère les éléments avant que la culture ne puisse les absorber ; trop tardive, elle immobilise l'azote et retarde le réchauffement du sol. Gel, roulage ou destruction mécanique sont choisis selon l'espèce et le système de culture.